En 2010, Manu Timoneda au sujet de mes photos :Valérie Debray-Louis Cobb incruste ses images dans le support de sa photo. Un peu comme le faisaient les gens de Support/ Surface, ce qu’elle nous donne à voir est là présent, dans les limites de son cadrage et pas ailleurs, ni en-deçà, ni au-delà, mais la sur ce rectangle de fine pellicule colorée. Reléguant la représentation du sujet au second plan, elle en concentre la matière lui donnant une présence incroyable.
Si l’effet est tel, c’est sans doute parce qu’elle ne sous-estime pas la qualité de l’objet de sa photo. On y retrouve le grain de la prise de vue numérique parfois à basse résolution, le rendu velouté de l’agrandissement, la matité lumineuse du tirage argentique. Et l’on pourrait bien se contenter de regarder ses photos comme des peintures abstraites, le plaisir serait déjà là.
En fait, Valérie ne va que rarement au devant des sujets qu’elle traite. Son œil est plutôt traversé par des images qu’elle découpe de manière plus ou moins volontaire, plus ou moins intuitive, leur donnant ainsi une multitude de sens possibles. Bien qu’atemporelles, ses images sont la trace d’instants précis et perdus à tout jamais, non reproductibles.
Si l’espace d’origine n’en n’est plus perceptible, elles restent cependant concrètes voir palpables. Libre au regardeur de les replacer dans leur contexte, dans son contexte.
Ses photos ne réclament pas forcément l’ouverture sur l’imaginaire, elles en laissent la possibilité.
C’est là, toute leur poésie.